BatoLabo lance aussi un appel, à toutes celles et ceux qui vivent avec un cours d’eau, pour raconter ce à quoi elles et ils tiennent, se rencontrer d’un bassin versant à l’autre et composer ensemble d’autres manières d’habiter les rivières.
BatoLabo est né en Loire, au croisement de plusieurs aventures auxquelles l’équipage a pris part : le Parlement de Loire, qui cherche comment donner voix et droits au fleuve ; la reconnaissance des savoirs nautiques ligériens comme patrimoine culturel immatériel de la France ; et la Grande Remontée de Loire, navigation collective de l’estuaire jusqu’à Orléans. Le projet prolonge les recherches, les récits et les expériences vers et à partir d’autres fleuves.
Nous faisons le pari que la beauté, l’émerveillement et le partage de savoirs sont les moteurs de notre mobilisation collective. Se sentir concerné·es, co-affecté·es sont les conditions essentielles pour agir pour la défense de nos droits et ceux de nos milieux de vie.
Le voyage en bateau ralentit le rythme et déplace notre regard. Il permet une attention rare aux milieux aquatiques, observés, sentis depuis leur surface. Le bateau est aussi un lieu d’accueil, de rencontre, de création et d’expérimentation artistique.
BatoLabo s’est ramifié avec des partenaires scientifiques, artistiques, institutionnels et citoyens. C’est aujourd’hui un laboratoire de recherche-création en mouvement, qui navigue sur les fleuves, rivières et canaux d’Europe.

Notre rapport à l’eau serait-il le reflet de notre rapport au monde ?
Partout en Europe, des habitant·es, prennent la parole pour leurs cours d’eau : la lagune du Mar Menor, en Espagne, est devenue sujet de droit grâce à une mobilisation citoyenne ; des collectifs s’opposent aux méga-bassines dans les Deux-Sèvres ou au projet de « Méga Canal » dans l’Oise. Ces récits et ces luttes restent souvent locales et peu visibles. BatoLabo les recueille et les fait circuler d’une rivière, d’un bassin versant à l’autre.

Avec le réseau des Maisons des sciences de l’homme (MSH), une enquête embarquée part d’une hypothèse : ce à quoi nous tenons (un port, une baignade quotidienne, un coin de pêche, un souvenir de crue…) peut devenir un moteur de mobilisation collective. Nous recueillons ces attachements et cherchons ce qu’ils déclenchent en termes de soin, d’engagement, de contestation.
La recherche sur les fleuves s’est souvent concentrée sur l’adaptation au changement. Notre cadre de recherche part plutôt de ce qui est vécu. Documenter ces attachements, c’est aussi les faire circuler pour relier les communautés fluviales et les riverain·es qui militent pour un autre rapport aux cours d’eau.

Nous explorons une co-production de savoirs depuis le milieu fluvial. Des résidences de recherche artistiques et scientifiques embarquées sont organisées tout au long du voyage. Chacun·e expérimente, partage ses travaux et met ses pratiques en dialogue. Nous avons accueillis des artistes visuels, sonores, écrivain·e·s et poètes et poétesses, de France et des pays traversés.
Nous considérons que les artistes, navigant·es, habitant·es rencontré·es en chemin sont aussi des chercheur·ses, par leurs pratiques, leurs sens, leur connaissance intime des lieux. Cette co-production de savoirs, parfois dans des langages non verbaux, contourne les barrières de la langue et des disciplines.

Pour répondre à l’appel des rivières, rejoignez-nous !
Vous pouvez consulter le calendrier des escales, rejoindre l’initiative Rights for Nature, vous abonnez à la newsletter, soutenir BatoLabo !
BatoLabo développe des recherches de terrain depuis les fleuves, à travers des expériences de navigation et d’enquête embarquée. Avec le réseau des Maisons des Sciences de l’Homme (MSH), la navigation accueille une enquête en sciences humaines et sociales, avec l’hypothèse que les attachements aux cours d’eau sont des vecteurs de mobilisation collective et de politisation. L’enjeu est de recueillir et de caractériser les différentes formes d’attachement aux rivières, de retisser comment ces attachements se manifestent en relation avec les territoires fluviaux et d’identifier les vecteurs d’engagement politique que cela suscite. La notion d’attachement est généralement restée dans l’ombre d’une recherche focalisée sur l’adaptation à un monde fondé sur l’instabilité et le changement permanent qui impose de poser les termes du problème de manière surplombante et autoritaire.
Si l’attachement occupe une place forte dans le développement individuel, ce mécanisme forge notre relation aux autres, aux choses et aux lieux. L’attachement peut donc être compris comme l’un des fondement des mobilisations collectives, favorisant l’ancrage territorial et le tissage d’un réseau de solidarité environnementale. Si l’on veut pouvoir créer des passerelles entre les communautés fluviales et les riverain.e.s qui militent pour un nouveau rapport aux cours d’eau, il est donc nécessaire de documenter ces attachements et de les colporter.
Nous explorons une co-production de savoirs depuis la milieu fluvial. Des résidences de recherche embarquées se dérouleront tout au long du voyage afin que chacun.e puisse partager leurs travaux et instaurer un dialogue entre leurs pratiques et leurs recherches mutuelles.
À bord de La Fillonnerie, la posture de recherche n’est pas réservée aux scientifiques. Les artistes, les navigateurs, les habitant·es rencontré·es en chemin sont aussi des chercheur·ses — par leurs pratiques, leurs sens, leur connaissance intime des lieux. C’est cette co-production de savoirs, dans des langages parfois non verbaux, qui permet de contourner les barrières de la langue et des disciplines.
Soutiens financiers
Ce projet voit le jour grâce à nos partenaires suivants. Ils nous accueillent sur les quais et en résidence, nous conseillent, nous programment, interviennent lors des temps forts, embarquent à notre bord :
Logo, carte, dessin du bateau par Anne Zeum
Photographies de la Fillonnerie à quai et de Daphné Ackermann au piano de Pascal Avenet
Dessin « Depuis la Rivière » de Clémence Mathieu
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